Qui parle sème, qui écoute récolte (dicton persan)

(Extraits de la Lettre d’Alma 81, N° 7 Septembre 2001)

Depuis maintenant cinq trimestres, notre centre d’écoute récolte des situations amenées par les personnes qui nous appellent ? Nous sommes chaque fois confrontés à une complexité singulière, et nous tentons de comprendre le problème de la personne âgée concernée à travers l’entrelacs du discours, de la parole de l’appelant.

Nous avons affaire à des situations concrètes, précises, uniques ; certains diraient des « cas cliniques », des « cas d’école » – termes que nous récusons pour leur inhumain enfermement.

Avec les référents qui évaluent la gravité de la situations, et des personnes qui œuvrent autour d’Alma, nous avons la plupart du temps la capacité de traiter le problème, d’aider l’appelant à entrevoir des possibilités de sortir de l’engrenage dans lesquels les faits rapportés apparaissent comme des révélateurs, la partie « émergeante de l’iceberg ». …

Marie-Thérèse, fille d’Alice nous écrit

(Extraits de la Lettre d’Alma 81, N° 7 Septembre 2001)

« Je vous écris pour vous faire savoir comme Maman a vécu à la maison de retraite … Elle y est rentrée le 26 juin 2000 ; autonome, pleine d’humour, attachante. Notre mère n’était nullement abandonnée : je lui téléphonais tous les matins. Deux mois après, l’infirmière en chef, qui savait que nous venions voir Maman, m’a téléphoné, pour me dire que nous ne soyons pas choqués mais que notre mère, n’était pas la même personne que nous leur avions confiée. Lorsque nous avons revu Maman, je l’ai retrouvée sur un fauteuil roulant, des couches jour et nuit, ne mangeant plus seule … // … le 28 juin 2001, le directeur m’annonce son décès …// … Ma mère avait choisi d’entrer en maison de retraite … je me culpabilise beaucoup de ne pas avoir cru ce qu’elle me disait … »